Vanessa Demouy : "Être parent, maman, papa, c’est quelque chose de tellement complexe"
- il y a 2 jours
- 5 min de lecture

Demain nous appartient, Ici tout commence : Vanessa Demouy est devenue l’une des actrices phares des séries à succès. Il était comme une évidence qu’elle nous submerge d’émotion dans la 13e saison de la série Léo Mattéï, Brigade des mineurs, diffusée sur TF1 et TF1 Replay. Elle y incarne Sarah, une mère à la fois forte et d’une grande sensibilité, qui doit faire face à la disparition de sa fille. Rencontre avec la comédienne, qui a accepté de répondre à nos questions.
Tout au long de sa carrière, Vanessa Demouy a incarné des femmes sensuelles et charismatiques, avant de la retrouver sur scène dans des rôles plus profonds et dramatiques, notamment dans la pièce Le Jeu de la vérité.
À l’écran, elle devra attendre les années 2000, et plus particulièrement les années 2010, pour incarner des rôles de mères courageuses, parfois tourmentées, confrontées à des drames personnels, comme celui de Sarah, dans la 13e saison de la série Léo Mattéï, à retrouver sur TF1 et TF1 Replay.
Sarah est une maman riche en émotions, qui aime sa fille d’un amour inconditionnel, peut-être même un peu trop. Face à la disparition de sa fille, elle fera de son mieux pour la retrouver. Un rôle que Vanessa Demouy incarne avec une grande authenticité, où l’on oublie le jeu : on est face à Sarah, cette mère à qui l’on a envie de tendre la main et de lui dire que tout ira bien. N’est-ce pas la force d’une bonne actrice ?
Comment êtes-vous arrivée sur le projet de Léo Mattéï ?
Vanessa Demouy : Ça faisait quelques saisons qu’ils m’avaient envoyé des scénarios, proposé des rôles, et on n’arrivait pas à faire coïncider les plannings entre leurs moments de tournage et les miens. Cette année, les planètes se sont alignées et j’ai adoré jouer ce rôle de mère.
Comment avez-vous abordé Sarah, votre personnage ?
Vanessa Demouy : Avec beaucoup de douceur. J’ai essayé d’être la plus empathique possible avec ce personnage, qui est une maman qui fait comme elle peut, comme elle pense qu’il faut faire. J’ai beaucoup aimé toute cette remise en question tout au long du procès que l’on comprend en regardant l’épisode dans sa totalité.
Mais c’est vrai que cette mère, déchirée par l’absence de son enfant qu’elle aimait plus que tout, est une maman protectrice, même surprotectrice, et tout le cheminement de ce personnage, jusqu’à la fin, j’ai trouvé ça très intéressant.
En tant que maman, est-ce que l’on puise dans sa propre quiétude ou est-ce que l’on met une barrière à ses propres émotions pour n’être que dans le personnage ?
Vanessa Demouy : Je pense que, du moment où l’on est parent, ou juste quand on aime quelqu’un au-delà de tout, c’est assez facile de pouvoir imaginer la douleur si cette personne ou si nos enfants disparaissaient.
Quelle est l’importance pour vous, en tant qu’actrice, de pouvoir représenter différents profils de mères à l’écran ?
Vanessa Demouy : C’est hyper important. On parle de visibilité, on parle de représentation. Il y a bien évidemment des mauvaises mères, mais il faut aussi pouvoir les représenter à l’écran, ne serait-ce que pour valoriser les bonnes (rire).
Les défauts ou les perversions de nos personnages prennent naissance dans des traumatismes, et c’est en ça que j’incarne toujours mes personnages avec bienveillance et empathie. C’est tout le travail de l’acteur qui ne se voit pas : quand on travaille la psychologie du personnage, quand on lui invente une vie… C’est très important de faire ce travail en amont pour pouvoir justement nourrir le personnage. Faire juste un méchant, ce n’est pas intéressant.
Pour revenir à la série Léo Mattéï : est-ce qu’elle vous a fait réfléchir sur la force et la fragilité d’une mère face à une épreuve aussi douloureuse ?
Vanessa Demouy : Être parent, maman, papa, c’est quelque chose de tellement complexe. C’est quelque chose de tellement difficile : quoi que l’on fasse, de toute manière, on le fait mal. Même avec les meilleures intentions du monde, nos enfants auront toujours des choses à nous reprocher, parce qu’on ne fait jamais comme il faut.
On fait avec ce que l’on est, notre propre parcours, nos défauts, nos qualités, et parfois ce n’est pas du tout ce qu’attendent nos enfants, et on les déçoit forcément. Mais en même temps, c’est comme ça qu’ils se construisent. La vie n’est pas parfaite, et le socle de la famille est un très bon apprentissage pour ça.
Est-ce que vous espérez que la série Léo Mattéï puisse ouvrir la discussion sur les disparitions d’enfants, mais surtout sur l’impact sur les parents, de cette attente longue, difficile…
Vanessa Demouy : C’est toujours très intéressant qu’un film, une série, un documentaire puisse ouvrir la discussion en famille. Je le vois beaucoup sur Ici tout commence, sur toutes les thématiques abordées. Ça permet d’amorcer un début de discussion et d’enclencher quelque chose.
Justement, je voulais parler d’Ici tout commence, une série aux thématiques très fortes. Quand on joue dans ces programmes avec des messages, des personnages qui font écho à beaucoup de gens, est-ce que l’on se sent un peu comme une porte-parole ?
Vanessa Demouy : Porte-parole, non. Je n’aime pas trop me définir comme ça, car ça engendre une grande responsabilité. Parfois, on fait dire des choses à nos personnages que, nous, dans la vie, on ne cautionne pas. Une responsabilité, non. En revanche, quand j’embrasse une arche ou quand il y a un message fort qui me touche particulièrement, oui, je le prends à bras-le-corps et je le défends bec et ongles. C’est important.
Ce sont des programmes qui aident des générations à se comprendre, on a un panel très, très large. Et le nombre de messages que je reçois, de parents, de grands-parents, qui me disent : "J’ai enfin compris ce qui n’allait pas avec mon fils, ma fille, mon petit-fils, ma petite-fille, on a pu en discuter, j’ai compris." Pareil dans l’autre sens. Parfois, le prisme avec lequel les enfants regardent les adultes, ou en tout cas leurs parents, ça les emmène à se poser d’autres questions et à poser un regard différent.
Vous avez une grande carrière, mais quel serait le prochain rôle que vous aimeriez défendre ?
Vanessa Demouy : Ce qui est très intéressant et bizarre dans ma carrière, c’est que j’ai cette impression que les rôles que l’on me propose sont plus forts, plus intéressants, plus importants que ceux que l’on a pu me proposer quand j’étais plus jeune.
Je pense que c’est une nécessité que les femmes de plus de 45 ans soient représentées à l’écran, avec ce qu’elles apportent à la société. C’est très important. J’accède aux rôles de mère depuis peu de temps, parce qu’avant on me répondait que je n’avais pas le physique du rôle, comme s’il fallait un physique particulier pour être mère (rire).
J’ai tellement de rôles à explorer, les héroïnes du quotidien… J’aimerais interpréter une psy, car je pense qu’il y a beaucoup de choses à explorer. Je pense que la santé mentale doit être mise au centre des discussions et que l’on doit pouvoir en parler comme on parle de son rhume. C’est très important. J’aimerais beaucoup interpréter une psy.


Commentaires