Alexis Michalik (Intraçables) : "Si je venais à disparaître, ce serait au soleil"
- il y a 5 jours
- 5 min de lecture

Si vous êtes amateur de séries haletantes, riches en rebondissements, nous avons trouvé la série à binge-watcher cette semaine : Intraçables, disponible depuis le 17 avril sur Prime Video. Pour l’occasion, nous avons rencontré Alexis Michalik, qui y incarne David - un homme en apparence parfait, dont les failles se révèlent peu à peu.
Par Mathilde Dandeu
Entre réseaux sociaux, disparition mystérieuse et secrets de famille, Intraçables s’impose comme une série captivante à découvrir dès maintenant sur Prime Video. Si son scénario est alléchant, il en est tout autant de son casting, auquel figurent Sofia Essaïdi et Alexis Michalik. Ce dernier prête ses traits à un homme à l’allure irréprochable et pourtant énigmatique, aux secrets bien gardés.
Comme à son habitude, l’acteur, mais aussi réalisateur, montre l’étendue de ses talents dans un rôle complexe d’un homme à la double vie. De sa relation à son téléphone à son envie, parfois, de disparaître, Alexis Michalik se confie à PressEyes.
"Je suis complètement accro à mon téléphone"
Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre le casting d’Intraçables ?
Alexis Michalik : Il y a plusieurs choses qui m’ont donné envie de rejoindre la série : le scénario, qui est vraiment super et à la lecture duquel j’ai binge-watché les six épisodes. Louis, qui est un super réal et qui a déjà une grande carrière malgré son très jeune âge, et Sofia, que je connais depuis quelques années. Je savais donc que ce serait un terrain très cool et que ça allait être super agréable de jouer cette petite famille. Il n’y avait que du bon qui nous attendait.
Est-ce que vous pouvez me parler de votre personnage ?
Alexis Michalik : Mon personnage est hyper intéressant, car, sans trop dévoiler, il devient de plus en plus intéressant au fur et à mesure de la série, puisqu’il va y avoir de plus en plus de flashbacks et on va découvrir l’envers du décor.
Au départ, j’ai commencé à lire et comme il meurt au bout de dix minutes, je me suis dit : "Ça va être vite fait, je vais avoir trois jours de tournage". Mais plus je lisais, plus je me rendais compte que non, il avait beaucoup de présence et de retour. C’est un très chouette rôle, mais je ne peux pas en dire plus.
Est-ce que vous pouvez me parler de la complexité de votre personnage et des fausses apparences qu’il cache ?
Alexis Michalik : C’est marrant, car on me propose souvent des personnages un peu dans ce genre-là, qui ont l’air très propres sur eux et qui, au final, cachent un monstre derrière. Dans le film À la folie d’Éric Métayer et Andréa Bescond, je faisais ce mec qui était bien sous tout rapport et qui se révélait être un pervers narcissique.
Je ne sais pas, mais les gens projettent beaucoup l’idée de se dire : ce serait super de le faire jouer la pire des ordures. Je ne dis pas du tout que David est la pire des ordures, mais il a de sacrées failles qui se révèlent. Il y avait à jouer à la fois le côté famille parfaite, où tout va bien, et cette “famille Ricoré” où ils sont heureux, beaux et habitent une belle maison…
Puis au final, on se rend compte qu’il y a plein de choses que l’on ignore. Que ce soit pour Sofia ou pour moi, il y avait une grande palette de jeu, surtout pour Sofia, car elle joue l’avant et l’après et elle fait tout le reveal lighting, comme on dit en anglais.
Une série qui parle de traçabilité et de surveillance : est-ce un sujet qui peut vous faire peur ?
Alexis Michalik : Je sais que c’est un sujet qui fait peur à beaucoup de gens, mais personnellement, ça ne me prend pas plus la tête que ça. Après, si demain je me fais hacker mes comptes, oui, à ce moment-là je paniquerais. Mais j’ai ce truc où je me dis : même si on nous surveille tous, au final, pour en faire quoi ?
On est tous tracés dès que l’on fait quelque chose sur Instagram, que l’on cherche quelque chose sur Google… dès qu’il y a un algorithme qui utilise des cookies et qui nous envoie tout ce que l’on est en train de rechercher. C’est déjà le cas que l’on soit tracé. Après, le côté Big Brother, l’État nous regarde… pour faire quoi ?
À moins d’avoir vraiment des choses à cacher… en soi, qu’est-ce que l’État va faire ? Il va venir me piquer ma télévision ? Je ne crois pas, non.
La série révèle une certaine dépendance à la technologie, surtout chez les jeunes. Et vous, quel est votre rapport à la technologie ?
Alexis Michalik : J’ai un rapport très malsain (rire). Non, mais comme tout le monde, je suis complètement accro à mon téléphone. Je joue souvent à ce jeu : quand on rencontre quelqu’un, je pose toujours cette question : quelles sont tes trois plus grandes addictions ? Et moi, je réponds toujours en premier : le téléphone, direct.
Parfois, quand je regarde le temps passé sur le tel… c’est à la fois un outil de travail quand même. Je sais que ce n’est pas bien, mais je suis à la fois en paix avec cette notion.
Selon vous, est-ce qu’aujourd’hui on peut vraiment disparaître ?
Alexis Michalik : C’est un sujet qui m’a toujours marqué. Dans beaucoup de mes pièces, il y a cette question de double identité, de disparition, de devoir refaire sa vie ailleurs. C’est une question qui m’a toujours traversé l’esprit.
Mais oui, je pense que l’on peut disparaître. Il y a des gens aux États-Unis qui sont spécialisés dans la disparition : vous allez les voir et ils vont vous faire disparaître et vous permettre de refaire votre vie ailleurs. Ils vont tout supprimer sur les réseaux, sur internet… ils vont vous donner un nouveau passeport. Il y a plein de cultures, comme au Japon, avec des gens qui disparaissent volontairement.
Est-ce que vous avez déjà eu envie de disparaître ?
Alexis Michalik : Oui, je pense… j’ai déjà caressé le fantasme de me dire : ça y est, cette vie c’est fait, on va partir et hop, on repart ailleurs. Mais ce qui m’arrête immédiatement, c’est la pensée de perdre mes proches : mes amis, ma famille… Tout de suite, je me dis que je ne peux pas couper avec tout ce que j’ai construit.
On peut se projeter dans la disparition quand la vie sociale que l’on a nous pèse suffisamment pour nous dire : je ne veux plus supporter ça. Sinon, pourquoi ?
Si vous deviez disparaître numériquement, qu’est-ce que vous supprimeriez et pour aller où ?
Alexis Michalik : Tout : les réseaux sociaux, casser le téléphone, acheter un nouveau sans puce traçable. Ce qui est compliqué, c’est le retrait d’argent, donc il faut avoir beaucoup d’argent. Il y a tout un système.
Quand tu demandes à ChatGPT comment disparaître, il dit qu’il ne peut pas nous répondre. J’ai déjà demandé pour m’aider à écrire et il répond que c’est un peu illégal de donner des conseils pour disparaître pour de vrai. Il ne veut pas, donc le mystère restera entier.
Et la destination, si je venais à disparaître, ce serait au soleil, sur une île, avec de la planche à voile.

Commentaires