Charlotte Sanson (Pécheresses) : "L’adolescence, c’est le meilleur souvenir que j’ai"
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Si vous aimez les histoires de filles loin des clichés à l’eau de rose, PressEyes a trouvé la série pour vous : Pécheresses ! Une bande de copines que tout séparait et pourtant, elles se sont trouvées et sont devenues inséparables au cœur de cet internat catholique. On a eu la chance de rencontrer la réalisatrice et créatrice Charlotte Sanson, qui nous raconte l’histoire de cette série démente.
L’amour, l’adolescence, la quête de soi… des sujets qui sont souvent racontés sous le joug du drame. Charlotte Sanson en a décidé autrement, en utilisant la comédie pour raconter sa propre histoire des amours, de l’adolescence et de la quête de soi dans Pécheresses.
La réalisatrice va plus loin en racontant cette histoire de copines qui, au fil du temps, deviennent inséparables, par le prisme de la religion. Et oui, si au départ elles n’ont aucun point commun, le seul qu’elles peuvent partager, c’est qu’elles se retrouvent dans un internat catholique. Si sur le papier ce n’est pas fun, c’est avant de regarder la création de Charlotte Sanson, qui est haute en couleur et rock’n’roll.
Pécheresses, c’est la série à binge-watcher pour passer un bon moment, tout en se remettant en question sur ses amours !
Charlotte Sanson : "Traiter des sujets importants par le biais de la comédie, c’est ce que j’aime le plus écrire"
D’où est née la série Pécheresses ?
Charlotte Sanson : La genèse du projet est assez simple. Il se trouve que je suis allée dans une institution catholique après mon bac et ça m’a laissé un souvenir vraiment très fort.
Il y a une quinzaine d’années, quand j’ai voulu devenir scénariste, c’est le tout premier projet auquel j’ai pensé. Je n’ai pas réussi à le vendre tout de suite, car j’étais novice en la matière, et j’ai continué à me former avec d’autres projets, comme "Les 7 vies de Léa", ma première série Netflix.
Ce projet continuait de m’accompagner, je le reprenais de temps en temps. J’ai obtenu des bourses de réécriture comme celle de Lagardère, des résidences ; il y avait à chaque fois des encouragements à le poursuivre. Puis, petit à petit, j’ai prouvé que je pouvais le mener jusqu’au bout.
Pourquoi avoir choisi le prisme de la religion pour raconter l’adolescence et tous les choix amoureux que font cette bande de copines ?
Charlotte Sanson : C’est un sujet dont on parle assez peu, mais qui est très présent dans l’imaginaire, notamment de la nouvelle génération. À l’époque où j’avais l’âge des personnages, il y avait cette idée que tout le monde était soi-disant athée, alors que ce n’était pas complètement le cas.
Dans un lieu comme ça, il y a plein de jeunes filles qui ont baigné dans la religion catholique. Moi, ce n’était pas mon cas, j’étais athée, et ça m’avait frappée qu’il y ait aussi des jeunes filles d’autres religions. Je me suis rendu compte que, pour les parents, ce sont des lieux très protecteurs, avec beaucoup de valeurs que l’on retrouve d’une religion à une autre. Il y a aussi un fort respect entre les gens.
Au début, la religion comme une punition, notamment à travers le personnage de Léonie Dahan-Lamort, puis petit à petit comme une force pour mener sa quête de soi…
Charlotte Sanson : Quand on ne connaît pas l’internat catholique, les règles paraissent hyper rigides - et elles le sont d’ailleurs. C’est normal que, pour une jeune fille qui a été très libre comme Cassidy (Léonie Dahan-Lamort), qui est punk… quand elle arrive là et qu’on lui dit interdiction de sortir, pas d’internet… pour une jeune fille de 17 ans, ça ressemble à une punition. Puis il y a aussi la situation familiale, où l’on sent que la mère veut vraiment s’en débarrasser.
Une série très punk, avec une bande d’adolescentes pleines de fougue et qui font rire ! Pourquoi avoir choisi cette légèreté de la comédie, tout en abordant des sujets importants ?
Charlotte Sanson : L’adolescence, c’est le meilleur souvenir que j’ai de cette tranche d’âge : les fous rires avec les copines, cette légèreté que l’on peut avoir, même quand on traverse des choses difficiles. Même si l’enfance s’en va, on a quand même encore un pied dedans et ça dégage une joie de vivre que j’aime produire à l’écran. Traiter des sujets importants par le biais de la comédie, c’est ce que j’aime le plus écrire.
À travers ce groupe de copines, il y a cette importance de l’identification : n’importe quelle jeune fille peut s’identifier au moins à un des personnages. C’était important pour vous que le public puisse se reconnaître ?
Charlotte Sanson : On a toujours envie que les spectateurs et les spectatrices puissent se projeter dans nos personnages. On cherche à questionner et à impliquer le public.
Quel est le message que vous avez envie de faire passer à travers Pécheresses ?
Charlotte Sanson : J’avais envie de raconter ces jeunes filles qui s’entraident un peu envers et contre tout. Elles n’auraient pas pu se rencontrer ailleurs et elles créent une bande très soudée. Je tenais vraiment à cette image de filles toutes ensemble, car on nous fait croire que ces filles-là ne pourraient pas être amies. Mais, dans mon vécu, je vois que ces filles-là existent, et pourtant la télévision ne les représente pas tant que ça.



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