Samuel An : "Chrysalis, c’est le triomphe de la lumière sur l’obscurité"
- 5 juin
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Dans Chrysalis, Samuel An prête ses traits à Long, le père de Daniel Winn, artiste vietnamo-américain dont le parcours a inspiré ce biopic. Entre guerre, exil et reconstruction, l’acteur revient sur un rôle profondément humain qui l’a marqué autant sur le plan professionnel que personnel.
Inspiré de la vie de l’artiste Sir Daniel K. Winn, "Chrysalis" retrace le destin d’un enfant confronté aux bouleversements de la guerre du Vietnam, à la séparation familiale et à l’exil. Dans ce récit intime, Samuel An incarne Long, un père dont l’absence puis le retour bouleversent profondément la vie de son fils. Pour donner vie à ce personnage complexe, l’acteur s’est plongé dans les souvenirs de Daniel Winn et dans l’histoire d’un homme partagé entre plusieurs cultures et plusieurs mondes. Rencontre.
Samuel An : "Nous sommes constamment amenés à choisir, même lorsque nous préférerions ne pas le faire"
Chrysalis est un film très intime, marqué par la guerre, l’exil et la reconstruction. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?
Samuel An : En tant qu’acteur, ce que je trouve important, c’est de pouvoir incarner quelqu’un qui a réellement existé. Il y a quelque chose de presque sacré dans cette démarche. Chrysalis est un biopic qui retrace l’histoire de Sir Daniel Winn, un artiste peintre et sculpteur très renommé aux États-Unis. Pour moi, c’était un privilège et un honneur de jouer son père dans le film.
Vous interprétez le père de Daniel, un homme longtemps absent à cause de la guerre mais qui devient essentiel dans la vie de son fils dès son retour. Comment avez-vous abordé cette relation père-fils ?
Samuel An : La première étape de mon travail a été de passer beaucoup de temps avec Daniel lui-même et de lui poser toutes les questions que j’avais sur son père. J’ai eu la chance qu’il soit très présent et très ouvert pour parler de cette histoire familiale, qui est particulièrement sombre. Il m’a transmis tout ce qu’il possédait : des photos, des souvenirs, des anecdotes.
J’ai également passé beaucoup de temps avec le jeune acteur qui interprète Daniel enfant. Nous avons construit cette relation ensemble et, aujourd’hui encore, je le considère un peu comme mon fils.
Votre personnage est également interprète entre les armées américaine et sud-vietnamienne avant de travailler pour l’ambassade américaine. Avez-vous effectué des recherches particulières pour préparer ce rôle ?
Samuel An : Oui, énormément. Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est que ce personnage parlait couramment français et anglais. J’avais le sentiment qu’il se trouvait constamment entre deux, voire trois mondes. Cette position l’a conduit à devoir faire des choix extrêmement difficiles.

Je pense notamment à la scène de séparation avec la grand-mère. C’est un moment très fort du film. Ce qui est beau, c’est que chacun peut regarder cette scène avec sa propre sensibilité et y projeter sa propre expérience.
Le film comporte plusieurs scènes particulièrement marquantes, dont celle de la séparation avec la grand-mère. Y en a-t-il d’autres qui vous ont marqué pendant le tournage ?
Samuel An : Les scènes qui m’ont le plus marqué sont celles qui étaient émotionnellement les plus difficiles à jouer. Je pense notamment au retour du père après son emprisonnement et ses deux années d’absence liées à la guerre. Lorsqu’il retrouve sa mère et son fils, seuls et plongés dans une grande précarité, et qu’il découvre que sa femme est partie et s’est remariée, c’est un moment extrêmement douloureux. Cette scène m’a profondément marqué sur le plan émotionnel.
Après le tournage, qu’avez-vous retenu de votre personnage ?
Cette expérience m’a beaucoup apporté, à la fois comme acteur et comme être humain. Ce personnage m’a appris qu’il faut parfois faire des choix impossibles. Dans la vie, les décisions ne sont pas toujours simplement bonnes ou mauvaises. Nous sommes constamment amenés à choisir, même lorsque nous préférerions ne pas le faire. Et quels que soient ces choix, nous devons toujours en assumer les conséquences.
Si vous deviez résumer Chrysalis en une émotion ou une image, laquelle choisiriez-vous ?
Samuel An : Je dirais le triomphe né du chaos. L’image d’une lumière qui surgit de quelque chose de très sombre.



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