Reem Kherici récompensée par le Trophée Girls Support Girls 2026

Le 11 septembre prochain, l’actrice et réalisatrice Reem Kherici recevra le Trophée Girls Support Girls 2026. Une distinction qui souligne l’artiste qu’elle est, mais aussi sa liberté de création et son audace au cœur d’un parcours éclectique et à la fois personnel pour donner sa vision de la femme.
Après la compositrice Audrey Ismaël, c’est au tour de la réalisatrice et actrice Reem Kherici de recevoir le trophée de La Femme de l’année, récompensée par Girls Support Girls. Une distinction plus que méritée, qu’elle recevra le 11 septembre lors du festival de Deauville.
En effet, Reem Kherici a, depuis ses débuts devant et derrière la caméra, redoré l’image de la femme au cœur du cinéma, mais a su lui redonner sa place. Et pour ça, elle a créé des rôles féminins forts, de "Paris à tout prix" à "Pour le plaisir". Elle a su s’emparer de sujets intimes et de projets ambitieux pour imposer son propre regard. Un parcours construit avec sa propre liberté afin de révéler un cinéma plus féminin, mais surtout d’y révéler la force des femmes et leur importance.
Reem Kherici s’impose en écrivant ses propres rôles
C’est tout d’abord en tant qu’humoriste que l’on découvre Reem Kherici, avant de la voir apparaître à l’écran dans "OSS 117 : Rio ne répond plus", "Neuilly sa mère !" ou encore dans "Fatal". Des rôles qui la font connaître en tant que comédienne, mais qui ne montrent pas vraiment qui elle est et ce qu’elle est capable d’offrir à son public. Elle décide alors de prendre sa plume et d’écrire le rôle qui lui permettra de se révéler au grand jour. C’est ainsi qu’est né "Paris à tout prix," sorti en 2012, pour lequel elle est l’autrice, la réalisatrice et l’actrice.
Elle y incarne Maya, une jeune femme qui travaille dans la mode à Paris avant d’être brutalement reconduite au Maroc. Sur place, elle doit y retrouver ses repères, mais surtout accepter ses origines et reconstruire sa vie professionnelle. Si le film est rythmé par l’humour qu’on lui connaît, il montre surtout le courage d’une femme de recommencer de zéro et de ne pas se laisser définir par le regard des autres.
Une démarche qui permet de répondre à une réalité du cinéma : lorsque les rôles proposés aux femmes ne correspondent pas à ses attentes, pourquoi ne pas les écrire soi-même avec sa propre sensibilité ?
Reem Kherici décroche le plus gros budget alloué à une femme au cinéma
Ambitieuse, Reem Kherici aime voir en grand. Son film "Chien & Chat" en est sûrement l’un des exemples les plus parlants. Le film, sorti en 2024, représente un budget de 21 millions d’euros, une des plus grosses sommes jamais allouées à une femme dans le cinéma. Un projet qu’elle a porté pendant sept ans, au point de refuser de nombreux rôles pour pouvoir le mener à bien.
Reem Kherici ne veut pas simplement s’imposer en tant que réalisatrice, elle veut montrer que les femmes peuvent porter de gros projets avec tous les risques et contraintes qui en découlent. Une ambition importante pour montrer à tous les cinéastes qu’elles ont le droit d’oser et devient ainsi un véritable exemple pour toutes celles qui, pendant des années, ont eu peur de lancer des projets pensés comme impossibles en tant que femme. Son audace n’est pas seulement dans les rôles qu’elle écrit, mais dans la taille des rêves qu’elle s’autorise à avoir.
Transformer une mauvaise expérience en nouvelle façon de travailler
Reem Kherici va encore plus loin dans l’œuvre féminine, avec son film "Pour le plaisir", sorti en mai 2026. Pour son quatrième long-métrage, elle s’intéresse au plaisir féminin à travers l’histoire de Fanny, une femme mariée depuis vingt ans qui révèle à son mari ne jamais avoir connu l’orgasme. Inspiré de la création du Womanizer, le film dépasse rapidement le simple récit de l’invention d’un objet pour interroger le désir, la communication dans le couple et le rapport des femmes à leur propre plaisir. Un sujet encore largement tabou au cinéma, que Reem Kherici choisit de traiter avec une intention forte, mais surtout avec un regard féminin respectueux et empli de sensibilité.
Pour les scènes intimes, une coordinatrice d’intimité était présente et l’équipe technique était réduite au strict minimum. Alexandra Lamy, qui tient le rôle principal, a également souligné l’importance du regard de la réalisatrice, expliquant que Kherici lui détaillait précisément la manière dont les scènes allaient être tournées et qu’elle la mettait en confiance.
Une attention qui n’est pas anodine. Reem Kherici a elle-même vécu une expérience difficile sur le tournage de "Colombiana". Comme de nombreuses actrices auparavant, une scène d’intimité a été modifiée sans son consentement au préalable. Après avoir exprimé son malaise et demandé d’en connaître les détails, l’actrice a été écartée du projet… Les aléas du cinéma quand les hommes y sont au pouvoir !
Une expérience qui a profondément touché Reem Kherici et qui a influencé sa manière de travailler et de diriger ses équipes sur le tournage, en donnant toute sa bienveillance. Si elle a refusé de subir une scène non consentie, elle refuse désormais de la reproduire en tant que réalisatrice, en étant dans une écoute absolue de ses acteurs.
Une caméra au regard féminin et respectueuse
Le travail de Reem Kherici va au-delà d’offrir des sujets ambitieux autour de la femme, c’est aussi une façon de travailler et de fabriquer des films qui est exemplaire. "Pour le plaisir", elle ne se contente pas d’ouvrir les esprits sur le plaisir féminin, elle a choisi également comment cette sexualité et cette liberté féminine seront perçues par son public. Ainsi, les scènes de sexe sont filmées avec pudeur, presque comme une chorégraphie, en ne dévoilant que les sensations et les réactions physiques, plutôt qu’une représentation sexualisée du corps féminin.
Si le parcours de Reem Kherici s’est d’abord forgé sur des rôles forts qu’elle s’écrivait, elle a su montrer sa force en étant également réalisatrice, avec un œil aguerri sur les femmes et sa façon de filmer ses actrices. Ainsi, le Trophée Girls Support Girls vient récompenser bien plus qu’une carrière : il montre la force d’une actrice et réalisatrice qui montre que les femmes ne doivent pas avoir d’obstacles au cœur du cinéma, qu’elles doivent réussir à s’imposer et croire en elles et en leur travail. Elle prouve qu’au cinéma, il faut avoir ce goût du risque et ne plus attendre que l’on vienne vous chercher.



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