Maxence : "La trentaine m’a beaucoup bouleversé"
- 8 juin
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Passer le cap des 30 ans n’est pas toujours facile… Un âge qu’a longtemps appréhendé l’interprète et compositeur Maxence. Mais cette année, il n’a pu y échapper et a soufflé ses 30 bougies. Un anniversaire qui marque un tournant pour l’artiste, le menant vers un besoin urgent d’écrire et de se raconter dans un nouvel EP baptisé Déjà. Des textes plus intimistes, dans lesquels Maxence se livre à ce public qui le suit déjà depuis des années. Un public à qui il devait une certaine vérité et sincérité. Rencontre.
"Trente ans déjà", c’est l’expression qui fait écho à cet âge, cet âge où tout bascule, où l’on devient finalement un adulte. Un âge qui a hanté l’interprète et compositeur Maxence dès son plus jeune âge. Désormais trentenaire, l’artiste a fait de cet âge un art en écrivant un nouvel EP : "Déjà". Une œuvre plus introspective, comme si son public avait accès à son journal intime. Trente ans de vie qu’il raconte dans une version poétique et intime, avec seulement sa voix et les notes d’un piano. Pour PressEyes, Maxence s’est livré sur ses nouvelles envies, sa muse et sa vulnérabilité, qui nous transpercent dans chacune de ses chansons et les rendent plus vraies.
Maxence : "La vulnérabilité est essentielle à conserver, d’autant plus quand tu es un homme"
Après ton concert au Trianon, tu évoques un retour au calme. Qu’est-ce qui a rendu cette transition marquante pour toi ?
Maxence : Ce qui l’a rendue marquante, c’est que c’était mon vrai dernier concert avant une petite tournée de festivals l’été. Puis ça symbolisait tout simplement la fin d’un projet, car c’était mon précédent EP. C’est toujours un moment étrange où l’on se dit : c’est bon, le projet a été défendu, on passe à autre chose. Et là, cet autre chose a été accompagné d’une période tranquille, voire un peu mélancolique. C’était plutôt marquant pour ces aspects-là.
C’est un EP qui semble être né d’une remise en question. Est-ce que cet EP était à la fois une nécessité personnelle et un choix artistique ?
Maxence : Je pense que, de manière générale, quand je fais de la musique, ça part d’une impulsion personnelle. La musique a toujours été thérapeutique pour moi. Généralement, ça part d’un besoin, d’une envie. Et ce besoin, j’ai envie de le matérialiser d’une manière qui sera agréable à mon oreille et potentiellement à celle des gens. Pour ce nouveau projet, ce sont des chansons très intimes et introspectives. Je voulais me consacrer et me tourner vers l’instrumentation la plus intime, et typiquement, l’instrument que j’ai trouvé le plus intime, c’est le piano. C’est pour ça que j’ai opté pour une formule piano-voix. Puis, de manière générale, quand je compose, c’est au piano, avec des accords qui tournent, et je voulais garder cet aspect-là, brut, autant dans le texte que dans l’instrumentation.
Ce choix de piano-voix, est-ce que c’était pour ancrer encore plus ton public dans l’intimité et avoir un certain lien avec lui ?
Maxence : Clairement, ce choix est justifié par les morceaux et par ce que j’ai voulu dire. Il y a cet aspect très intime. Comme j’aime beaucoup la scène et me représenter face aux gens, il y avait du sens à le présenter de cette manière. Et surtout, j’en avais besoin. Dans ma vie, j’ai fait beaucoup de choses, parfois dans tous les sens. J’avais ce besoin, à 30 ans, de me canaliser. Je ne sais pas si c’est l’âge de la maturité, mais j’avais besoin de faire quelque chose de très calme, sans fioritures, sans trop d’effets, pour obtenir quelque chose de brut. Je souhaitais apporter ça à mon public.
Est-ce que l’arrivée de tes 30 ans a changé ta manière de voir ta carrière et ta place dans la musique ?
Maxence : La trentaine m’a beaucoup bouleversé. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça a toujours été un âge symbolique. Déjà, quand je l’évoquais dans mon esprit quand j’étais petit, je savais que ça allait être un âge charnière. Je ne sais pas si c’est le fait de l’avoir trop anticipé qui a fait que ça m’a autant bouleversé, chamboulé, mais effectivement, j’ai eu ce souhait de virage un peu brutal. Ce qui est chouette aussi, malgré l’aspect très mélancolique de la période que j’ai traversée et qui a donné vie à ce projet, c’est qu’il y a toujours de l’espoir. Ça m’a donné envie de m’écouter davantage, d’aller à l’essence de moi-même, au plus profond de ma substance, de mon art, de m’amuser et de ne pas hésiter, à l’avenir, à revenir à des choses un peu plus légères. Mais avec plus d’amusement. Je crois que ça m’a fait du bien d’aller dans les tréfonds pour remonter avec encore plus de vigueur.
On va parler du titre 30 ans déjà, qui traduit une certaine fragilité. Quelle est l’importance pour toi d’assumer cette vulnérabilité dans l’écriture ?
Maxence : Je pense que c’est important de l’assumer, et ce ne sont pas des choses auxquelles je réfléchis trop, étant donné que j’ai toujours écrit dans les moments où ça n’allait pas, même quand j’étais enfant. Ce sont des choses qui viennent du cœur et, en fonction des projets et de ce que je veux raconter, je les édulcore ou je les rends un peu plus légères. Mais les trois quarts du temps, l’impulsion est une expression de ce que j’ai à l’intérieur, donc forcément, c’est vulnérable. J’ai entendu une phrase un jour qui disait : "Il n’y a rien de plus universel que l’intime."
Et pour l’avoir moi-même expérimenté, être ému par des choses très intimes que peuvent raconter les gens, je me dis que c’est peut-être dans ces choses-là que les gens se reconnaissent, se reconnaîtront et pourront aussi trouver de l’espoir. La vulnérabilité est essentielle à conserver, d’autant plus quand tu es un homme, car il y a toujours ces clichés imposés par la société selon lesquels un homme ne doit pas être fragile, ne doit pas pleurer. Je pense que c’est important de le revendiquer, de l’accepter et de montrer aux gens que c’est OK d’être vulnérable.
Ton morceau Chanson à la Disney parle de ta compagne. Est-ce qu’elle a un rôle dans ton processus créatif ? Est-ce qu’elle t’inspire ?
Maxence : Forcément, si j’en viens à en faire des chansons. C’est une manière pour moi de lui rendre un peu la monnaie de sa pièce. Effectivement, elle m’aide, elle m’inspire, elle est un soutien au quotidien. Elle est ma lumière quand je traverse de petits tunnels un peu sombres. J’ai évoqué les besoins et les envies ; là, pour le coup, on est davantage dans une envie très forte de vouloir lui rendre hommage et la remercier.
Tu réinterprètes des anciens morceaux. Est-ce que tu les as redécouverts ?
Maxence : Je les ai totalement redécouverts en les réinterprétant, surtout que le format change. Il y avait une sublime réinterprétation de Chloé Antoniotti, qui a participé à ce projet. Elle est vraiment trop douée et trop forte. On a veillé à les faire vraiment en version live, à les enregistrer sans tempo dans les oreilles, dans une écoute mutuelle, comme si on respirait en même temps. Quand on fait du piano-voix en live, c’est vraiment particulier. Donc ça m’a ému de le faire dans ces conditions-là et j’ai pu davantage me réapproprier les textes. Notamment La lune à 3h du mat, qui est un de mes premiers morceaux. Il y avait énormément d’effets dans la voix, des choses qui venaient un peu travestir le propos. J’étais content de redécouvrir cette chanson et les autres. À chaque fois, c’est une belle manière de faire revivre des choses qui m’ont animé.
Si tu devais résumer ton EP Déjà en une émotion ou une image, laquelle choisirais-tu ?
Maxence : J’ai l’impression de répondre toujours la même chose, mais je crois qu’au final, c’est ce qui m’anime beaucoup. Je dirais : la mélancolie, tout simplement. J’ai l’impression que j’aborde toujours la vie avec ce sentiment et, en écoutant l’EP, je pense que les gens y trouveront un sens.

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