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Fausse Note : un duel glaçant entre Benoît Poelvoorde et Kad Merad

il y a 6 minutes
3 min de lecture
Fausse Note

Si le nom du film réalisé par Alexandre Arcady est Fausse Note, le jeu d’acteur, lui, est tout sauf faux, mais d’une authenticité qui vous donnera des frissons ! Porté par Benoît Poelvoorde et Kad Merad, Fausse Note est à retrouver au cinéma ce mercredi 7 octobre.



Comment parler de "Fausse Note" d'Alexandre Arcady sans spoiler ? On pourrait simplement dire que le film, porté par Kad Merad et Benoît Poelvoorde, est une confrontation glaçante entre deux hommes aux passés mystérieux. Le film s’ouvre sur Alexandre Miller, grand maestro incarné par Benoît Poelvoorde qui, après l’une de ses dernières prestations à Paris, se retrouve face à un fan, Nathan Dinkel, joué par Kad Merad. Que lui veut-il ? Est-il simplement fou ? Tout un tas de questions nous traversent l’esprit et c’est là que tout devient intéressant… et intense.


Une intensité accentuée par un huis clos, puisque le film suit les deux personnages enfermés dans un théâtre, qui est ici comme un troisième personnage à l’écran : il est un espace à la fois majestueux, qui révèle la grandiosité d’Alexandre Miller au milieu de ces colonnes dorées, puis il devient peu à peu le lieu de l’horreur, celui où l’on veut s’échapper pour se sentir libre. Plus la peur s’empare d’Alexandre Miller, plus le théâtre, lui, devient un endroit de chaos où les souvenirs les plus meurtris refont surface. La tension monte progressivement et offre aux spectateurs un véritable moment de suspense, où l’on veut comprendre ce qu’il se passe et surtout quelle vérité va finir par éclater entre Alexandre Miller et Nathan Dinkel.


La musique, elle, l’un des éléments centraux de l’histoire, intensifie cette mise en scène et le jeu des acteurs. Au début, elle est cette musique vertueuse révélant la grandeur et le succès d’Alexandre Miller, pour, petit à petit, se faire plus silencieuse, ou même fébrile, soulignant la détresse du maestro. Le silence s’installe peu à peu, comme si Alexandre Miller était dénué de musique pour se défendre et que seuls les mots en devenaient la force dans cet affrontement. Chaque regard, chaque silence et chaque monologue nous rapprochent un peu plus d’une vérité que l’on ne voit pas forcément venir. Et les mots deviennent des armes.


Des monologues d’une intensité solennelle


Quant au jeu, on ne peut que saluer la prestation de Kad Merad, qui campe ce fan et nous fait constamment hésiter entre son excentricité, son obsession et sa folie. Il en est de même pour Benoît Poelvoorde, dans la peau de ce maestro qui tente de garder son calme et de faire bonne figure, mais qui se retrouve peu à peu déstabilisé face à cet inconnu.



Si l’on connaît les deux acteurs pour leur humour, ils ne sont pourtant pas à leur premier film dans un registre plus sérieux. On a notamment pu voir Kad Merad dans "La Mélodie" ou encore "Un triomphe", tandis que Benoît Poelvoorde s’est lui aussi illustré dans des rôles plus dramatiques, notamment dans "La Bonne Étoile". Un bras de fer où les mots prennent toute leur place et où les acteurs ont cette prouesse de tenir une séquence entière par la seule force de leur interprétation, tout comme a pu le faire Jean Gabin dans "Le Président", avec cette scène magistrale au tribunal où Gabin, dans la peau de l’ancien président du Conseil Émile Beaufort, livre un long réquisitoire face aux députés.


Si l’on devait résumer "Fausse Note", on pourrait souligner ces confessions d’une grande véracité, qui nous entraînent dans un véritable tourbillon d’émotions. Un huis clos intense, porté par deux acteurs qui, ici, nous prouvent une nouvelle fois qu’ils peuvent tout jouer !

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